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Booba, l’art de l’ouverture avec notre classement de ses 10 intros


Si l’on en croit l’intéressé qui va fêter en fin d’année ses 45 ans, Booba a donc sorti il y a quelques semaines son ultime album. Un dixième projet d’une discographie solo pleine qui s’est étalée sur une période de 20 ans. De Temps mort à sa dernière offrande intitulée Ultra, le rappeur originaire des Hauts-de-Seine a su traverser et marquer de son empreinte différentes époques. Une longévité rare cultivée avec des clashs médiatiques, une omniprésence maîtrisée sur les réseaux sociaux, mais aussi et surtout par une science du phrasé qui ne l’a jamais vraiment quitté (même si elle s’est quelque peu atténuée au fil des années).

Celui qui a commencé sa carrière dans les années 1990, aux côtés d’Ali au sein du duo Lunatic, a donc refermé sa discographie solo avec à la clé de nombreux souvenirs et un certain nombre d’épisodes importants pour le rap français. Parmi ceux-là, une tendance récurrente pour débuter ses albums avec des morceaux marquants qui restent encore aujourd’hui gravés dans nos mémoires. Ces titres particuliers, aussi appelés opening-tracks, conditionnent généralement notre ressenti vis-à-vis du reste du projet. Autant dire que le choix de ce morceau est donc crucial dans l’élaboration d’une tracklist. Des sélections souvent pertinentes de la part B2O que nous avons décidé de vous présenter sous forme d’un classement élaboré par la rédaction.

10. « G5 – Intro »

Album : Futur (2012)

Morceau introductif de l’album Futur, « G5 » est une référence directe au jet privé du même nom, le Gulfstream V. Un titre qui a donc pour ambition de faire décoller ce projet paru en 2012 avec à la production Therapy. Le duo de beatmakers qui, depuis, a intégré la longue liste des ex-collaborateurs de B20 dont il aime se moquer sur ses réseaux… Avec 16 mesures seulement, cette introduction laisse un certain goût d’inachevé et s’arrête finalement au moment où son auteur nous parle d’atterrissage quand on attendait plutôt enfin un décollage. Dans le texte, c’est du grand classique de la part de Booba, « Ils me donnent des coups que je n’sens pas / Sur le champ d’bataille, dans mes veines coule du champagne », avec un sourire garantie lorsqu’il transforme le Maybach Music de Rick Ross en Morbac Music pour sa concurrence.

9. « Centurion »

Album : Trône (2017)

Derrière l’image guerrière que représente le centurion (un officier de la légion romaine), une thématique également chère à Booba, l’intitulé de ce morceau va plutôt chercher ses origines du côté de la carte bancaire American Express du même nom. Une AmEx, disponible pour seulement quelques privilégiés et grandes fortunes de ce monde, dont fait d’ailleurs allusion B20 au début de son couplet : « Tout est noir dans mon écurie, sur la tête de mon Amex Centurion ». Les quelques notes de violon retravaillées par le collectif de producteurs The Arengers suffisent à installer une certaine tension dans une ambiance obscure. Simple, efficace et fonctionnel pour ouvrir comme il se doit son avant dernier projet. Là encore, un titre très court mais suffisant pour dédicacer son meilleur ennemi : « Les carrières se font doucement, s’arrêtent vite comme hache de guerre / Ces fils de putes portent l’œil, j’ai teinté les vitres du double R ».

8. « Les derniers seront les premiers »

Album : Lunatic (2010)

Est-ce vraiment un hasard si le morceau introductif de son album intitulé Lunatic reprend dans son titre les derniers mots de l’opening-track du fameux projet Mauvais Œil de Lunatic sorti 10 ans plus tôt ? La réponse est bien évidemment non, tout comme cette même fin identique de son couplet. Une introduction produite par Haze qui joue son rôle et dont les différentes variations permettent également à B2O de switcher de flow, rythmant par la même occasion ce morceau.

7. « D.U.C »

Album : D.U.C (2015)

Titre le plus long de ce classement, « D.U.C » est une entrée en matière explosive qui ouvre donc l’album du même nom. La prod d’X-Plosive coche toutes les cases pour plaire à Booba, pas étonnant donc que ce beat ait été choisi pour figurer en première position sur la tracklist. Complet avec trois couplets et un refrain, ce morceau reste encore aujourd’hui l’un des titres les plus emblématiques du 7ème album du rappeur français délocalisé à Miami, tout comme cette punchline : « J’suis sur un terrain glissant, t’es sur un glissement de terrain ».

6. « GP »

Album : Ultra (2021)

Produit par le trio Mr. Punisher, Chancee et Alejandro, « GP » est le morceau trap par excellence pour débuter un projet en 2021. Booba profite de cette opportunité sonore pour jouer avec son flow et commencer à faire un bilan sur sa carrière solo qu’il s’apprête à refermer. La signification de ce titre, GP pour Grande Porte, est révélée à la toute fin de son unique couplet : « Rentré par la p’tite, mis à l’amende, j’suis sorti par la grande ». Une référence à l’intro de son premier album, mais on en reparlera un peu plus tard…

5. « Walabok »

Album : Nero Nemesis (2015)

Avec le morceau « Walabok », B2O réaffirme ses racines sénégalaises avec cette expression très populaire dans la jeunesse de ce pays et qui signifie littéralement « ou quoi ». On peut la traduire plus communément chez nous par le fameux « wesh ». Produit par ZewOne, l’instrumental est totalement sombre pour le pirate le plus célèbre du rap game qui offre à ses ratpis un véritable hymne dont le clip en noir et blanc rajoute du cachet à ce visuel très orienté street.

4. « Izi Monnaie »

Album : 0.9 (2008)

Alors oui, ce titre n’est que la seconde piste de l’album 0.9 de Booba, mais on ne peut pas dire non plus que l’intro inutile de 18 secondes qui la précède soit un véritable morceau… Pour cette production, le duo Therapy est allé sampler un extrait du morceau « Organization XIII » de la soundtrack du jeu vidéo Kingdom Hearts II. Une boucle ultra efficace qui a visiblement inspiré Booba qui pour l’occasion nous lâche un couplet tout simplement dantesque de 36 mesures ! Les punchlines marquantes s’enchaînent comme rarement avec un niveau d’écriture poussé à son paroxysme et des références multiples très imagées : « Quelques bugs dans mon cerveau j’imagine / Une à une mes cases s’allument comme dans Billie Jean ».

3. « Mauvais garçon »

https://www.youtube.com/watch?v=757qkd_iu_U

Album : Ouest Side (2006)

Ouest Side est l’album qui fera vraiment rentrer Booba dans une autre dimension, pour plusieurs raisons : tout d’abord, les 2 singles clipés, « Boulbi », puis « Garde la pêche », feront naître une vraie hype autour du projet, et le premier titre cité deviendra même un des premiers banger du rap français massivement joué en club. A côté de ça, cet opus va vraiment finir de forger l’image de B2O : son goût pour les États-Unis, son ambition, et sa façon d’être, sans concession. Et c’est de cette façon que s’ouvre l’album. Une instru sobre d’Yvan Peacemaker, des lyrics bruts, crus, et des phases à la fois puissantes et métaphoriques, comme il a toujours su en faire. Il y revendique sa volonté de réussite, qui flirte même avec l’individualisme « pour me refaire, j’ai fait c’qu’il fallait : du bien, du mal… » , et nous annonce avec prémonition que son côté à la fois charismatique et clivant, ne laissera pas l’opinion populaire intacte : « Regarde les flammes dans mon iris, que la nation brûle sous mes lyrics« . Puissant.

2. « Temps mort »

Album : Temps mort (2002)

Monumental, voilà comment on pourrait décrire tout simplement ce morceau d’ouverture du premier album de Booba. Le beat proposé par Fred ‘Le Magicien’ Dudouet installe une ambiance épique avec cette entrée imposante de la basse qui correspond également au début du couplet de B20. Charismatique à souhait, ce titre lance donc sa discographie solo avec une performance XXL qui annonce déjà son intention d’aller beaucoup plus loin : « Alors je demande un temps mort parce qu’on se fait niquer au score / Un flow de porc, je suis là pour ouvrir d’autres portes ». Une référence déjà aux portes de l’industrie qui 20 ans plus tard sera rejointe par celle du morceau « GP » cité précédemment.

1. « Tallac »

Album : Panthéon (2004)

En quittant avec fracas le label 45 Scientific, B2O se savait attendu aux tournants avec son second essai solo. Le droit à l’erreur étant inexistant, le rappeur du 9.2. se devait de trouver un titre d’anthologie pour ouvrir cet album. Avec « Tallac », il frappe juste en reprenant à son compte l’univers du dessin animé Bouba dont l’histoire se situe près du mont Tallac (localisé juste à côté du fameux Lac Tahoe en Californie). Un mont qui donne donc son nom au nouveau label, Tallac Records, de Booba et un extrait d’un épisode est même utilisé habilement pour conclure ce morceau. En ce qui concerne la musique, Skread est aux manettes pour le meilleur avec un MC qui déblatère sa rage de vaincre et d’écraser la concurrence. Un credo qui ne le quittera pas de la part d’un artiste dont l’attitude se rapproche finalement assez de celle de ce petit ourson Bouba plutôt entêté et bagarreur.

Article réalisé avec la participation de Rémy Bagnères (« Mauvais garçon »)





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