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une histoire d’amour en 10 samples


Fête nationale sans commune mesure, le Carnaval de Rio est l’incarnation même de ce qu’évoque au premier abord le plus grand pays d’Amérique du Sud en chacun de nous : une allégresse contagieuse, un pays rayonnant animé par la fête et dont le coeur bat aux pulsations de la samba et autres rythmes tropicaux suaves, lorsqu’il ne s’agit pas de leur passion religieuse pour le football. Autant de clichés qui ont la vie dure et qui se révèlent bien ancrés dans l’inconscient collectif dès qu’il est question du Brésil, et plus particulièrement de sa musique. 

Cette image chargée d’exotisme qui a fait et continue à faire les beaux jours de la production musicale brésilienne, tout en lui collant à la peau, a été, entre autres, grandement alimentée et exposée au reste du monde par les États-Unis. Dès les années 40, les deux géants du continent américain entretiennent des relations d’échanges interculturels privilégiés, grâce à la politique de bon voisinage menée par le président Roosevelt à destination des états latino-américains. À cet instant de l’Histoire, les Américains commencent à se tourner vers l’hémisphère sud et voient entrer des petits bouts de Brésil dans leur foyer. Cela débute au cours de cette même décennie avec le succès phénoménal de la chanteuse et actrice Carmen Miranda à Hollywood, première représentation de la « bomba latina » à l’écran et immortalisée dans les mémoires grâce à sa coiffe tutti frutti dans le film Banana Split (1943, Busby Berkeley). Puis, ce lien étroit se poursuivra des années plus tard par une révolution musicale venue de la nation auriverde et dont les Américains vont tomber sous le charme : la bossa-nova.

De très grandes collaborations entre artistes des deux pays ont ainsi vu le jour grâce à l’avènement de ce genre, aboutissant à des albums magistraux, d’un raffinement exquis en plus d’être essentiels pour comprendre le phénomène de ce mariage sensuel entre samba et jazz. En tête de liste figure Jazz Samba Encore! (1963) et Getz/Gilberto (1964) du saxophoniste au son reconnaissable d’entre tous Stan Getz, qu’il enregistre respectivement avec le guitariste Luiz Bonfá et le père fondateur de la bossa nova décédé en juillet 2019, feu João Gilberto. Puis citons également la rencontre au sommet du duo Frank Sinatra et Antonio Carlos Jobim sur Francis Albert Sinatra & Antonio Carlos Jobim en 1967, inscrit au panthéon du genre. Et la liste des relations musicales États-Unis – Brésil est encore longue.

Mais venons en au sujet qui nous intéresse : quand est-il du rap dans tout ça ? Si les connexions entre artistes hip hop des deux nations sont loin d’être légion, l’entremêlement musical des deux cultures est quant à lui bien réel. En effet, toutes ces liaisons du passé combinées à l’évident atout charme intrinsèque de la musique brésilienne ont invité des générations entières de producteurs/diggers américains, adeptes de voyage sonores, à se plonger dans cet univers aussi riche et varié que le pays en lui-même. Chez J. Cole, entre les mains savantes de Madlib ou encore revu et corrigé par Kanye West, voici la sélection de nos 10 samples préférés de musique brésilienne dans le rap US. Boa viagem !

Madvillain – « Rhinestone Cowboy » (prod. Madlib) – 2001

Sample : « Mariana Mariana » (1971) / « Molambo » (1968) – Maria Bethânia

Commençons par l’évidence même, Madlib. Brasilintime (2006), le très bon documentaire nous immergeant dans le voyage d’Otis Jackson Jr. à São Paulo en 2002, donnait déjà à voir sa fascination pour les sonorités brésiliennes, entre sessions digging chez les disquaires de la ville et confection de loops dans sa chambre d’hôtel. Grâce à ce documentaire, nos yeux assistent aux tâtonnements de la création de certains beats qui se retrouvent sur le mythique Madvillainy, son album commun avec le MC masqué MF Doom. Parmi les samples brésiliens qu’on retrouve donc sur l’album, l’outro « Rhinestone Cowboy » se structure non pas sur un, mais deux échantillons d’une artiste incontournable de la MPB (música popular brasileira) : Maria Bethânia.

Le producteur californien prélève un crescendo de violon de la sublime ballade jazz « Mariana, Mariana » qu’il superpose astucieusement aux applaudissements du public lors d’une prestation live de « Molambo », de celle qu’on surnomme « Abelha-rainha » (« la reine des abeilles », en référence aux premiers mots prononcés sur son titre « Mel » de l’album éponyme datant de 1979). Sur le même album du duo, on ne peut évidemment pas oublier le bien connu « Raid » et sa mélodie joviale qu’il puise chez le pianiste Osmar Milito et son groupe Quarteto Forma avec leur morceau « América Latina ».

Ludacris – « Do The Right Thang » ft. Common & Spike Lee (prod. 9th Wonder) – 2008

Sample : « Na Boca Do Sol » – Arthur Verocai – 1972

Samplé près d’une trentaine de fois chez des bons clients tels que ScHoolboy Q, Curren$y ou bien Snoop Dogg, c’est pourtant sur « Do The Right Thang » de Ludacris  que l’on préfère entendre le motif entêtant de « Na Boca Do Sol », œuvre d’un grand oublié de l’histoire de la musique brésilienne, Arthur Verocai. Ce fabuleux compositeur et homme de l’ombre des studios, qui a aussi bien travaillé sur les arrangements des meilleurs disques de Jorge Ben que pour des télénovelas et des agences de pub, a enregistré son premier album à l’ambition considérable en 1972, alors que la dictature militaire mise en place au Brésil depuis 1964 freinait massivement la créativité de ses jeunes artistes.

Cet album éponyme de Verocai aux allures de bande sonore de film, dont Madlib en personne a avoué pourvoir écouter tous les jours pour le restant de sa vie, a été un échec cuisant à sa sortie obligeant son auteur à retourner à ses travaux de commandes pour des décennies entières. Heureusement, avec les années, l’opus a été redécouvert, notamment aux États-Unis, où il a acquis la réputation qu’il mérite, celle d’un classique novateur et sans barrières. Depuis ce sont de nombreux producteurs rap qui sont allés piocher dans cet album à l’orchestration monumentale, influencé par la soul et particulièrement les bandes sons blaxpoitation. 9th Wonder est l’un d’entre eux et il fait honneur à la composition de Verocai avec cette instru musclée, taillée à merveille pour la gouaille de Ludacris et même le flow tout en sobriété de Common.

Ghostface Killah – « Charlie Brown » (prod. MF Doom) – 2008

Sample : « Alfômega » – Caetano Veloso – 1969

Malencontreusement pas retenu dans la tracklist finale du cinquième album de Ghostface Killah, Fishscale, faute de temps pour clearer le sample, « Charlie Brown » est la rencontre inattendue entre la fine lame du Wu-Tang et le génie musical sans entraves de Caetano Veloso. Cette figure centrale du mouvement contestataire tropicália qui éclot au Brésil lors de la dictature militaire est un pur esprit libre doublé d’un interprète d’une grande sensibilité à la voix cristalline. Un artiste caméléon qui a transcendé la pop brésilienne par ses expérimentations poétiques, où la dimension politique se trouve aussi bien dans le propos que dans le geste.

L’énergie déluré de son « Alfômega » et ses mots-valises improbables, que l’on retrouve sur son fameux « álbum branco » (« album blanc ») éponyme de 1969, se voit transposé dans l’univers cru de Ghostface avec le soin respectueux de nul autre que MF Doom apporté à la production, pour ne pas dire intacte à l’original. Il devient alors son terrain de jeu pour déverser ses rimes tranchantes et scander haut et fort que le hip hop, c’est lui : « This is real hip hop and shit, youknowhatimean / I’m a true MC, ya’ll niggas know how I get down / Ain’t none of that commercial shit, youknowhatimean».

Mos Def – « Casa Bey » (prod. MV Bill, DJ Preservation & Yasiin Bey) – 2009

Sample : « Casa Forte » – Banda Black Rio – 1977

Cas similaire au morceau précédent et comme son titre le laisse entendre, « Casa Bey » de Mos Def s’appuie quasi intégralement sur le même groove hypnotique de « Casa Forte » de Banda Black Rio, groupe afro-brésilien de samba-soul-funk apparu à la fin de la répression politique et acteurs vitaux du mouvement culturel Black Rio. Après la mort du leader Oberdan Magalhães en 1984 dans un tragique accident de voiture, le groupe stoppe brusquement ses activités, renonce à tourner, et tombe peu à peu dans l’oubli. La redécouverte miraculeuse de cette joyeuse bande tient pour beaucoup au DJ et producteur londonien Joe Davis, qui deviendra par la suite patron du label Far Out, spécialisé dans la musique brésilienne.

D’après la petite histoire, c’est cet homme qui aurait supplié dans les années 90 des DJs influents tels que Gilles Peterson et Norman Jay parmi d’autres à prendre connaissance de ce groupe et de leur premier album, Maria Fumaça datant de 1977. Grâce à ce coup de bouche à oreille terriblement efficace, coïncidant à la même période à la renaissance d’une scène afro-brésilienne avec des nouvelles générations d’artistes soul, funk, samba, hip hop, BBR faisait son retour sur le devant de la scène en 2002 avec leur bien nommé album come-back Rebirth. Clou du spectacle pour ce récit rocambolesque, Yasiin Bey prend connaissance de « Casa Forte » grâce au rappeur issu de la célèbre Cité de Dieu MV Bill (également producteur du morceau) et décide de le sampler pour l’outro de son dernier album sous l’alias Mos Def, The Ecstatic. Un an après, en 2010, « Casa Bey » sera nommé au Grammy Awards dans la catégorie « Best Rap Solo Performance ». Une consécration par procuration pour ce groupe qui a su renaitre de ses cendres malgré la tragédie.

Consequence – « On My Own » feat. Kid Cudi (prod. Kanye West) – 2011

Sample : « Não Identificado » – Gal Costa – 1969

Consequence et Kanye West ne se sont pas attaqués à une mince affaire en jetant leur dévolu sur « Não Identificado » pour façonner le beat de « On My Own ». L’ouverture du premier album solo de l’audacieuse et sensationnelle Gal Costa (qui est, accessoirement, une artiste que je vénère aveuglement) est tout simplement un des titres phares de l’ère tropicália, traversant les époques sans jamais perdre ni de sa superbe, ni de sa singularité. Composé et interprété pour la première fois la même année par son ami et futur mari Caetano Veloso, c’est pourtant la Bahianaise qui a élevé cet objet musical non identifié au rang d’institution de la musique brésilienne, en y injectant son aura à la fois transgressive et remplie de douceur.

Cette « chanson simple, brésilienne » pour reprendre les premiers vers du titre abrite tout un univers en soi. Une chanson d’amour à envoyer dans l’espace sidéral comme lance la muse du tropicália de sa voix envoûtante. Constamment en mutation, le morceau passe d’un dédale d’échos psychédéliques d’où émergent d’étranges voix stridentes, à une mélodie bossa expérimentale avant de s’évaporer définitivement dans les confins de l’espace. Il n’y avait que l’enfant terrible de Chicago pour proposer une relecture unique à la hauteur de ce titre iconique. Et force est d’admettre qu’il relève le défi haut la main. Ye découpe en bribes et avec précision la voix de Maria da Graça Costa Penna Burgos (on comprend la simplicité du choix de Gal comme nom de scène) pour l’utiliser tout au long de la prod tel un instrument en soi. Une aubaine pour Consequence et surtout Kid Cudi qui livre ici un refrain parmi ses tous meilleurs.

J. Cole – « God’s Gift » (prod. J. Cole) – 2011

Sample : « Francisco » – Milton Nascimento – 1976

Sur la 14ème piste de son premier album studio Cole World: The Sideline Story, J. Cole témoigne de la ténacité avec laquelle il dû s’armer pour arriver au stade où il se trouve à l’époque, évoquant un don de Dieu. Quel autre artiste brésilien que Milton Nascimento pouvait-il sampler pour apporter cette dimension divine au titre ? Réponse : personne. Orphelin à l’âge de 18 mois après le décès de sa mère, ce futur monument de la MPB aura la chance d’être recueilli dans une famille blanche aisée, chez laquelle sa mère officiait comme femme de ménage de son vivant. Véritable coup de pouce du destin, il échappe à une vie rude qui l’attendait surement à Rio en suivant ses nouveaux parents dans la petite bourgade de Três Pontas. Par la suite, Milton Nascimento c’est une carrière qui s’étend sur plus de 50 ans pour une quarantaine de disques, et marqué par des chefs d’œuvre d’envergure dont son dyptique Clube Da Esquina (1972/1978). Adulé aux États-Unis, le chanteur s’est vu ouvrir les voies de collaborations prestigieuses grâce au saxophoniste Wayne Shorter qui l’invite pour former un duo sur l’album Native Dancer en 1974. Suite à cela, il accède à une reconnaissance internationale et est amené à côtoyer Paul Simon, Herbie Hancock, George Duke, Quincy Jones et bien d’autres grands artistes.

Issu de son album éponyme de 1976, le morceau que va chercher Cole, « Francisco », est une plainte entièrement instrumentale de 4 minutes 30, à la fois tragique et sublime, que l’artiste basé dans l’état de Minas Gerais transcende par ses vocalises célestes. Le rappeur le transforme lui même en pitchant le timbre de voix androgyne de Milton, le poussant davantage dans les aigus. Le tout habillé dans un beat massif à l’énergie rock avec sa guitare électrique.

Joey Bada$$ – Alowha (prod. Kirk Knight) – 2013

Sample : « Previsão Do Tempo » – Marcos Valle – 1973

https://www.youtube.com/watch?v=3ahg7Fr2aMc

Pour l’introduction de sa troisième mixtape Summer Knights, la tête pensante du crew Pro Era et son compère producteur Kirk Knight sont allés puiser leur inspiration chez le mélodiste hors norme Marcos Valle et son album qui marque un tournant dans l’évolution de son style, Previsão Do Tempo (1973). Ils en ont tiré la mélodie miroitante et aquatique du morceau éponyme de l’album, pour la plonger dans leur revival boom bap made in Brooklyn, soit l’exact opposé de l’atmosphère émanant de l’original du surdoué de Rio. Une atmosphère qui diffère à 360° certes, mais qui nous permet de redécouvrir le thème sous un tout nouveau jour: la marque des samples employées à merveille.

Marcos Valle fait partie des producteurs les plus influents au Brésil qui n’a cessé de se réinventer tout au long de sa carrière, passant sans problème de compositions bossa nova, jazz, samba, funk, soul, disco et plus encore, au sein parfois d’un même album. Ce touche-à-tout ultra prolifique aux allures de surfeur n’a pas perdu de sa superbe. Il a encore sorti ces derniers mois deux albums de qualité, Sempre et Cizento, et s’est même offert un feat avec le rappeur star de São Paulo Emicida. Notons également que ce n’est pas la première fois que Marcos Valle se retrouve samplé dans le rap américain. En 2009, sur le très bon « Thank You » de Jay-Z produit par le duo de choc Kanye West et No I.D., c’était son titre « Ele e Ela » qui se voyait repris.

NxWorries – Link Up (prod. Knxwledge) – 2015

Sample : « Onda » – Cassiano – 1976

CassianoCuban Soul 18 Kilates

Chanteur, compositeur, guitariste et disciple du pionnier de la soul brésilienne Tim Maia, Genival Cassiano dos Santos est un artiste qui, à l’instar du Banda Black Rio, s’est vu obliger de mettre sa carrière entre parenthèses à la suite d’un accident de la vie. Un peu plus d’un an après avoir rencontré un certain succès avec son album Cuban Soul: 18 Kilates en 1976, où l’on retrouve le titre « Onda », il est contraint de se faire retirer un poumon et par la même occasion de dire temporellement adieu à sa carrière d’interprète, tout en continuant à composer pour d’autres.

En 2001, pour célébrer les 100 ans du label RCA, l’entreprise décide de ressortir des albums majeurs de son catalogue dont le fameux Cuban Soul de Cassiano. Si l’âme de cet album est cubaine, c’est bien le groove brésilien de « Onda » qui va d’abord attirer l’attention de l’illustre groupe de rap Racionais MC’s à le sampler sur « Da Ponte Pra Cá » en 2002; avant de tomber entre les mains des années plus tard du producteur californien Knxwledge. Sur leur première association en tant que NxWorries avec l’EP Suede en 2015, Anderson. Paak et Knxwledge récupèrent les vagues boogie funk enivrantes du titre (« onda » signifie « vague » en portugais, ndlr.) et y injecte la touche enfumée, laid-back et légèrement off-beat, signature du beatmaker de L.A. S’il fallait l’inventer, la connexion Brésil- Californie ressemblerait à n’en pas douter à celle imaginée par ce duo espiègle.

Bishop Nehru – « The Game of Life » (prod. Kaytranada) – 2017

Sample : « Serrado » – Djavan – 1978

Pas érigé au même degré d’admiration que des Jorbe Ben Jor, Tim Maia ou Milton Nascimento sans raisons apparentes, Djavan compte pourtant une des plus belles discographies de la MPB. Lui qui aurait pu devenir footballeur comme il s’y attelait durant sa jeunesse, a plutôt laissé son envie de vivre de la musique prendre le pas sur sa première passion. Balle aux pieds ou guitare à la main, Djavan est un brillant autodidacte qui a toujours laissé son intuition le guider, l’amenant à quitter son Nordeste natal pour conquérir Rio, le Brésil puis le monde entier, des États-Unis à L’Afrique en passant par l’Europe.

C’est justement son jeu intuitif à la guitare qui a sans doute retenu l’attention du fouineur de groove en tout genre qu’est Kaytranada, lorsqu’il produit « The Game of Life » de rappeur new-yorkais Bishop Nehru. La mélodie irrésistible de « Serrado », un des premiers succès importants qu’on retrouve sur son album éponyme de 1978, également connu sous le nom « Cara de Índio » (« Tête d’indien » en référence au premier morceau de l’album), fait office de squelette à l’excellent storytelling du jeune hip hop nerd qu’est Markel Scott, de son vrai nom. Particulièrement à l’aise avec ce type de sample, le savoir faire du producteur Montréalais est ici mis à l’honneur, au même titre que sur son banger à la vibe tropicale « Lite Spots » qui samplait « Pontos De Luz », de la déjà nommée grande dame de la musique brésilienne, Gal Costa.

Sango – « Vista Da Gávea » – 2017

Sample : « Oba, Là Vem Ela » – Jorge Ben Jor – 1970

Petit entorse au restant de la sélection, il était inconcevable de mettre de côté cette track instrumentale carnavalesque ultra jouissive du plus brésilien des producteurs américains actuels, Sango. On commence à connaitre l’histoire, le beatmaker de Seattle affilié à la team Soulection s’est fait piquer par le virus baile-funk et depuis ce n’est plus le même homme. Véritablement obnubilé par la culture brésilienne, Sango a consacré plusieurs de ses projets au funk carioca, dont sa série référence du genre Da Rocinha qui compte à l’heure actuelle trois volumes (un quatrième est en préparation pour notre plus grand plaisir).

Mais en 2017, le producteur a voulu élargir son champ des possibles et couvrir un spectre plus large de la musique brésilienne avec De Mim, Pra Você, un album qui mérite décidément plus d’attention que celle accordée à sa sortie. C’est sur ce projet que Sango a pris plaisir à remodeler le classique incontournable de Jorge Ben Jor « Oba, Là Vem Ela » sur sa tonitruante entrée en matière « Vista Da Gávea ». Il parvient à offrir une cure de jouvence à ce morceau qui n’a pourtant pas pris une ride, en boostant sa mélodie entêtante à la guitare par les kicks et les basses caractéristiques de la trap. Une sorte de relecture pour le moins énergique bien marquée par l’empreinte Sango et presque un comble pour le titre original qui s’inscrit dans l’album s’intitulant Força Bruta (« Force Brute »), que Jorge Ben enregistre en 1970 avec le trio de samba-rock Trio Mocoto.





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